Conseils et astuces pour poser un parquet massif en rénovation

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S’il est vrai que le bois se marie bien avec l’ancien, d’un point de vue technique, poser un parquet massif en rénovation dans les règles de l’art n’est pas toujours facile : des sols pas toujours droits, des murs qui ondulent ou avec reliefs, comme les murs de pierres que le parquet doit épouser, la gestion de l’humidité… Bref,  pour gérer ces contraintes spécifiques à la pose de parquets massif en rénovation, voici en résumé les règles de DTU, nos astuces et conseils pour un chantier de parquet en réno impeccable et durable.

Problématique 1 : la planéité du sol

Que dit le DTU à ce propos ?
Pour rappel, les DTU, documents techniques Unifiés définissent les règles de l’art. Le bon respect de ces règles prévient des risques et litiges qui peuvent survenir dus à une mauvaise mise en oeuvre des produits et matériaux de construction. Le DTU 51.1 régit la pose de parquet à clouer tandis que 51.2 s’attache à la pose des parquets à coller.

Les règles de planéité à respecter

Le DTU indique que le sol doit être plan. Les différences de niveau ne doivent pas excéder un jeu de :

  • 1mm sous une règle de 20cm
  • 5 mm sous une règle de 2m.

Autant dire qu’en rénovation, cette règle est difficile à respecter tant les surfaces de plancher peuvent être de « guingois ».

Quelles solutions pour rattraper les faux niveaux ?

Les astuces pour compenser de légers défauts de planéité

  • Réaliser un ragréage
    Pour un parquet collé à plein, réaliser un ragréage est une bonne solution. Il doit être fait à l’aide d’un produit compatible avec le plancher de bois ou béton. Cette préparation du support impose des délais plus longs, afin que le sol soit parfaitement sec.
  • Opter pour la pose par cordon de colle
    La technique de collage par cordon, peut-être une bonne alternative. En effet, l’épaisseur du boudin de colle permet de gommer quelques aspérités ou imperfections du support.
  • Fixer les lambourdes avec des plots de colle
    Pour les parquets à clouer, il convient de caler les lambourdes avec des plots de mastic colle avant de les fixer. On peut également utiliser des cales en bois ou pvc de différentes hauteurs afin de les dresser.
Coupe de principe pour un réagréage sous parquet
Collage du plancher bois par boudin de colle
lambourdes à parquets plots de colle
Pose des lambourdes sur plots de colle

Nos conseils pour rattraper d’importants faux niveaux 

L’idéal est de réaliser une chappe. Plusieurs solutions sont encore possibles :

  • Réaliser une chape humide et légère
    On vient couler une chappe légère sur un film polyane directement posé sur le plancher support. Si cette technique est particulièrement bien adaptée aux contraintes, elle nécessite des délais de mise en œuvre et de séchage au minimum de 3 semaines.
  • Faire une chape sèche
    On vient déposer un lit de granulats (vermiculite, verre cellulaire…) sur un polyane posé à même le plancher. Il est ensuite possible de poser un plancher, par exemple en dalle de panneaux agglomérés hydrofuge ou OSB pour une pose collée ou simplement d’intégrer les lambourdes dans la chappe sèche pour parquets à clouer.
  • Poser des lambourdes sur cales
    Pour les parquets à clouer, il est possible pour des rattrapages de hauteurs raisonnables de positionner les lambourdes avec des cales et de les fixer à l’aide de vis double filetages. Ce type de vis permet un réglage plus facile et fin de la lambourde.
chappe légère sous parquet
Mise en place d'une chappe allégée sous parquet
chappe de granulats sous parquets
Chappe de granulats sous parquet massif
Cales sous lambourdes à parquet massif
Pose de calage sous lambourdes pour parquet massif

Problématique 2 : la gestion de l’humidité

Les parquets massifs en bois sont particulièrement sensibles à l’humidité. La reprise et/ou la perte d’humidité amène le bois à « gonfler » ou à « rétrécir » dans une plage extrême proche des 8% sur sa largeur. La gestion des conditions hygrométriques et de l’humidité est donc particulièrement importante.

Que disent les DTU de pose des parquets bois à propos de l’humidité ?

Les DTU déterminent des taux d’humidité maximum à respecter. Pour un parquet massif, le taux d’humidité du plancher n’excédera pas 3% pour un plancher béton et 18% pour un plancher bois.
De plus l’atmosphère générale du chantier doit être exsangue de tout excès d’humidité. Le taux d’humidité de l’ air ambiant doit avoisiner les 50%. Enfin, le gros œuvre doit être sec avec une humidité inférieure à 5%.

Les parquets doivent être mis en œuvre avec un taux d’humidité du bois compris entre 7 et 11%, sauf pour les parquets en pin des landes et les parquets en Châtaignier qui supportent une mise en œuvre avec une humidité des bois tolérée jusqu’à 13%.

Quelles conséquences pour un chantier de parquet en rénovation ?

Les conséquences sur le bâti

Toutes les sources d’humidité doivent être traitées : drainage périphérique et assainissement du terrain, assèchement des murs, réparation des fuites de toit ou de canalisation… Ce point est capital tant pour les veilles bâtisses (longères, corps de ferme…) que pour les maisons des années 70 mal isolées, avec de nombreux ponts thermiques et exposées aux risques de condensation.

Les conséquences sur les délais

Le parquet doit être mis en œuvre sur un chantier sec : dalle, ragréage, gros œuvre bien sec, menuiseries posées, carrelage et faïence posés et jointés… Cela implique, par exemple en cas de ragréage ou de coulage d’une chape fluide, un délai de 3 à 6 ou 8 semaines durant lequel le chantier sera à l’arrêt.

Astuces : la mise en œuvre de systèmes d’isolation, de doublage ou de chape à sec réduits fortement les contraintes. Ils sont vite montés, sans eau ni humidité. Pour le gros œuvre, les briques et blocs à coller sont une bonne alternative aux matériaux à sceller au mortier.

Même si le parquet se pose en intérieur et donc à l’abri, oubliez l’idée de poser un parquet massif les jours de pluies, d’orage, de grand froid, de fortes chaleur…

Conseil : Avant de poser le parquet, effectuer un test du taux d’humidité des supports à l’aide d’un humidimètre ou test à la bombe au carbure. Pour cela, consultez le fabricant du parquet ou le négoce de matériaux qui vous le fournit.

Problématique 3 : le respect des jeux de dilatation

Pour un parquet parfaitement posé, le respect des jeux de dilation en périphérie de pièces est plus qu’important. S’ils sont compris entre 5 et 8mm, la prudence incite à laisser le jeu maximal. En aucun cas, le parquet ne doit être « bloqué ».
Cette règle n’est pas toujours facile à respecter notamment aux passages de portes ou en bordure de murs irréguliers, comme les murs de pierre. C’est, là qu’intervient tout le savoir, l’expertise et la dextérité d’un parqueteur ou d’un menuisier professionnel.

Enfin, dans le cadre d’une pose sur plancher béton, un joint de dilation sera fait au droit des joints de dilation de la dalle de plancher.

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